La société civile mondiale dit NON à la violence à l’égard des femmes

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, 25 novembre. ©UN.org

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, 25 novembre. ©UN.org

Le 25 novembre 1960 en République dominicaine, trois soeurs étaient assassinées à cause de leur engagement politique. L’indignation suscitée par le meurtre brutal des sœurs Mirabal a donnée lieu à la création de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. La société civile du monde entier appelle les gouvernement à mieux utiliser le système de la CPI afin de faire progresser la justice pour les graves crimes sexuels et basés sur le genre.

Le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, est l’un des premiers traités à considérer les crimes basés sur le genre comme des  crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, et dans certains cas, des actes constitutifs de génocide. Il reconnaît le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, les stérilisations forcées, les persécutions motivées par le genre, le trafic d’êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, et la violence sexuelle comme faisant partie des crimes les plus graves aux yeux de la communauté internationale.

En ratifiant le Statut et en mettant en oeuvre ses dispositions au niveau national, les États peuvent garantir la protection des droits des femmes et la justice pour les graves crimes basés sur le genre aussi bien au niveau national qu’international. Il est absolument nécessaire de restaurer la dignité des victimes en leur allouant des réparations. Elles doivent également être encouragées à devenir des acteurs clés des efforts de consolidation de la paix et des leaders communautaires.

Les États doivent profiter de la prochaine Assemblée des États parties, la réunion annuelle de l’organe de supervision de la CPI qui aura lieu du 8 au 17 décembre à New York, pour souligner à quel point il est important de faire avancer la lutte contre l’impunité des crimes sexuels et basés sur le genre à travers le système du Statut de Rome, et notamment lors du débat général, en formulant des promesses, et en participant activement à la session plénière sur la coopération qui mettra l’accent sur la violence sexuelle.

La société civile s’exprime:

Stella Yanda Bililo, secrétaire exécutive, Initiatives Alpha, République démocratique du Congo, partenaire de Women’s Initiatives for Gender Justice

« À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous mettons en lumière les différentes formes de violence subies par les femmes dans l’Est de la RDC de manière générale, et plus spécifiquement dans la région du Sud Kivu. Là-bas, les femmes souffrent toujours de la violence perpétrée par divers groupes, y compris des groupes armés actifs tels que les FDLR, les Raia Mutomboki, les Mai Mai, mais aussi les forces de police et les forces armées congolaises et les civils. Les femmes sont toujours victimes de viol et d’autres formes de violence, en plus d’être confrontées à des difficultés quotidiennes telles que la contrainte de transporter des lourdes charges.

Au niveau structurel, les femmes subissent toujours le fardeau des coutumes et traditions discriminatoires à l’égard de leurs droits et libertés fondamentales. Elles n’ont pas accès aux ressources, à l’héritage et sont réduites au même niveau que n’importe quel autre propriété laissée par leurs maris avant de mourir. Des jeunes femmes sont toujours soumises aux mariages précoces et forcés. Le 25 novembre, il est important de se remémorer les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées ».

Karine Bonneau, responsable du bureau justice internationale, Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)

« La FIDH est fermement résolue à aider les victimes de violence sexuelle et basée sur le genre à obtenir justice devant les tribunaux nationaux et internationaux. La FIDH encourage les États à élaborer des stratégies précises en vue de mettre fin à la stigmatisation, soutenir les victimes et lutter contre l’impunité des responsables. La FIDH salue la récente élaboration d’une stratégie de genre par le Bureau du Procureur de la CPI et appelle à sa pleine mise en œuvre, y compris par la systématisation des enquêtes et des poursuites des crimes sexuels et basés sur le genre ».

Stephanie Barbour, chef de bureau, Centre pour la Justice Internationale d’Amnesty International

«  Cette année, attention toute particulière a été accordée à l’impunité des crimes liés à la violence sexuelle et basée sur le genre. De nouveaux outils pouvant renforcer la lutte contre l’impunité de ces crimes ont été élaborés, y compris le Protocole international relatif aux enquêtes sur les violences sexuelles en situation de conflit, et le nouveau document de politique générale relatif aux crimes sexuels et à caractère sexiste du Procureur de la CPI. Et pourtant dans le même temps, en Afghanistan, en République démocratique du Congo, en passant par le Nigeria, la Syrie et le Soudan,  d’innombrables femmes et filles, mais aussi des hommes et des garçons, sont victimes de violence sexuelle et basée sur le genre. Nous continuerons d’encourager les États à s’engager à réellement agir pour prévenir la violence sexuelle et basée sur le genre en période de conflit, enquêter et punir ces crimes de manière efficace et offrir des réparations, une protection et un soutien aux survivants, tout particulièrement au niveau national ».

Margaret Owen O.B.E., directrice de Widows for Peace through Democracy (WPD)

« Il y a eu peu de poursuites, de condamnations, ou de provisions de justice réparatrice pour les femmes victimes de violence, en dépit du Statut de Rome et de l’Initiative britannique en vue d’éradiquer la violence sexuelle dans les situations de conflit et de post-conflit. Que ce soit dans les pays développés ou bien en développement, les femmes et les filles sont confrontées à de plus en plus de manifestations de la violence. Cependant, il n’y a que peu de pays où les femmes  se sentent suffisamment en sécurité pour dénoncer ces crimes, où elles n’ont pas à souffrir de la stigmatisation et de la honte, où elles sont crues et soutenues, de façon à ce que des preuves essentielles puissent être collectées en vue de poursuites.

Il est nécessaire de soutenir davantage, au niveau financier et technique, les groupes de femmes tout en reconnaissant leur diversité et leurs vulnérabilités basées sur leur âge, ethnicité, religion, handicap ou situation matrimoniale.

Par exemple, il n’est nulle part fait mention, ni dans les conventions et protocoles internationaux et régionaux, ni au sein de la plateforme d’action de Pékin, de la violence répandue et systématique perpétrée contre les veuves par leurs familles et leurs communautés. Les gouvernements maintiennent souvent des pratiques traditionnelles dangereuses et dégradantes tels que des rites de deuils et d’enterrement menaçant la vie des veuves, la lapidation des sorcières, le remariage forcé avec un membre de la famille du défunt. Jamais auparavant avait-on observé une telle augmentation du nombre de veuves de tous âges, victimes de violence sexuelle, physique, psychologique et économique. N’oubliez pas les veuves en cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ».

Jutta F. Bertram-Nothnagel, directrice des relations avec les organisations intergouvernementales, Union Internationale des Avocats

« Les crimes relevant du Statut de Rome sont les crimes les plus odieux au yeux de l’humanité. Mais il peut également s’agir de crimes de l’humanité chaque fois que la réaction qu’ils suscitent se résume à de l’indifférence : dans les faits, l’impunité et la loi du silence perpétuent la violence. Lorsque le monde regarde ailleurs, il devient également coupable. Et le monde n’est jamais aussi aveugle que lorsqu’en ce qui concerne les crimes liés à la violence contre les femmes. Toutefois, en ratifiant le Statut de Rome, les États parties se sont engagés dans une autre voie, celle de la reconnaissance et de l’engagement de poursuites contre les individus pénalement responsables de la violence à l’égard des femmes. Afin de parvenir à la pleine mise en œuvre du Statut de Rome, la prochaine session de l’Assemblée des États parties insistera sur l’importance de la coopération avec la Cour pénale internationale. Puissent les délibérations apporter lumière et espoir face à la barbarie ».

Jeanine Bandu Bahati, point focal pour le Nord Kivu de Women’s Initiatives for Gender Justice, coordinatrice pour Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérables, République démocratique du Congo

« La situation reste critique en RDC et dans l’Est du pays en ce qui concerne la violence à l’égard des femmes. Elles sont marginalisées, déconsidérées, et ne prennent pas part aux processus de prises de décision à n’importe quel niveau, malgré les efforts de plusieurs ONGs nationales et internationales de défense des droits de la femme. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous demandons à notre pays, la RDC, de donner une chance aux femmes, par ce que de nombreuses femmes sont qualifiées et compétentes et ne demandent qu’une chance de le prouver ».

Du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, jusqu’au 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, la Campagne « 16 journées d’action contre la violence sexiste » offre l’opportunité de galvaniser les actions en vue de mettre un terme à la violence contre les femmes et les filles partout dans le monde.

Cette année, la campagne du Secrétaire général des Nations Unie : Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes vous invite à «Orangez VOTRE quartier». Promouvez la campagne UNiS dans les rues, les magasins et les commerces près de chez vous et à vous joindre à nous en organisant des « Événements orange» dans votre quartier, du 25 novembre au 10 décembre.

Lire la déclaration du Procureur de la CPI à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

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