L’espoir renaît pour les victimes ougandaises alors que la justice rattrape le fugitif de la CPI Ongwen

Le commandant de la LRA Dominic Ongwen en détention en République centrafricaine.© African Union Peace

Le commandant de la LRA Dominic Ongwen en détention en République centrafricaine.© African Union Peace

La reddition et le transfert du chef de milice ougandais Dominic Ongwen à la Cour pénale internationale (CPI) apporte de l’espoir aux victimes de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) et montre à tous les fugitifs de la CPI qu’ils seront rattrapés par la justice.

Ongwen, le commandant présumé d’une brigade de la LRA, recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans le Nord de l’Ouganda en 2004, a été transféré à la garde de la CPI à La Haye dans la matinée du 21 janvier.

« L’arrivée d’Ongwen à La Haye est un évènement majeur pour la CPI et ses efforts en vue de traduire la LRA en justice. L’Ouganda est la toute première situation ouverte par la Cour il y a 10 ans, mais l’absence de progrès en matière d’arrestation des suspects, et notamment de Joseph Kony, était une source de frustration croissante pour les victimes de la LRA ; elles ont désormais une chance d’obtenir justice. Voir Ongwen à la CPI permet d’espérer que l’auteur des certaines des pires atrocités commises récemment sera enfin tenu pour responsable de ses actes », a déclaré Stephen Lamony, conseiller principal pour l’UA, l’ONU et les situations africaines de la Coalition pour la CPI.  « Cela envoi également un message clair aux autre auteurs présumés de crimes graves : vous finirez par être rattrapés par la justice. Étant donné que la CPI ne dispose pas d’une force de police, les États doivent redoubler d’efforts pour arrêter les autres fugitifs de la CPI afin que d’autres victimes n’aient pas à attendre tant de temps».

« La société civile ougandaise applaudit le transfert de Dominic Ongwen à la CPI. On insistera jamais assez sur l’importance de la remise d’Ongwen à la CPI », a déclaré Mohammed Ndifuna, chef de la direction de Human Rights Network- Ouganda, qui accueille la Coalition ougandaise pour la CPI. « Tout d’abord, cela permettra à cette affaire qui était en suspens, de véritablement commencer, et aux victimes des crimes présumés commis par Ongwen et ses complices, d’obtenir justice. Ensuite, cela envoie un message fort à tous, qu’il ne saurait y avoir d’impunité en matière de crimes internationaux. Pour finir, c’est un démonstration éclatante que les États parties au Statut de Rome et les membres de la communauté internationale soutiennent la CPI et qu’ils peuvent au final parvenir à des résultats tellement nécessaires ».

Ongwen était détenu par les militaires américains stationnés en République centrafricaine (RCA) après s’être rendu début janvier 2015. Suite à des négociations entre les États-Unis, la RCA et l’Ouganda, il a été transféré à la garde de la CPI à La Haye.

Dès son arrivée à La Haye, les autorités néerlandaises transféreront Ongwen au centre de détention de la CPI à La Haye, où il recevra un examen médical. Dès que possible, Ongwen comparaîtra devant les juges de la CPI au cours d’une « audience de première comparution », durant laquelle les juges vérifieront l’identité du suspect, détermineront dans quelle langue il pourra suivre les procédures, et informeront Ongwen des charges retenues contre lui. En amont et durant cette première comparution, Ongwen aura accès à un avocat. Il est également probable que les juges fixent un calendrier ou une date pour l’audience de confirmation des charges, qui permettra de déterminer si Ongwen sera renvoyé en procès, en gardant à l’esprit son droit d’être jugé sans retard excessif.

« Il est important de rappeler que la CPI incarne les normes juridiques les plus élevées. avant qu’un procès de la CPI puisse avoir lieu, le procureur doit d’abord convaincre les juges qu’il existe des motifs substantiels de croire qu’Ongwen a commis les crimes dont il est accusé et que les preuves sont suffisantes pour aller au procès. Il est également probable que le Bureau du Procureur ait besoin de temps pour relancer l’affaire contre Ongwen, restée en suspens pendant tant de temps, ce qui comportera son lot de défis, notamment en termes de ressources. Bien entendu, le suspect est présumé innocent et la CPI est soumise à de strictes dispositions, y compris le droit à une défense, afin de garantir que ses droits à un procès équitable seront respectés devant la Cour », a poursuivi M. Lamony.

«Le bureau de sensibilisation de la CPI dans le pays a cessé ses activités en décembre 2014. Suite au transfert d’Ongwen, il est impératif que la Section de l’Information et de la Documentation de la Cour relance ses activités de sensibilisation et de dissémination d’informations.

« La justice ne pourra pas être véritablement faite dans cette affaire si les victimes et les communautés affectées basées loin de la Haye ne peuvent pas la voir. La Cour doit s’assurer que la population ougandaise sera tenue au courant des procédures qu’elle engagera contre Ongwen, en rétablissant des activités de sensibilisation dans le pays », a ajouté M. Lamony.

L’Ouganda a référé son conflit avec la LRA à la CPI en décembre 2003 et le procureur a ouvert une pleine enquête de la situation en juillet 2004. Un mandat d’arrêt sous scellés à l’encontre d’Ongwen a été émis en 2005.

Inscrivez-vous pour recevoir nos mises à jour par email et rester informé des développements de l’affaire.

Exprimez-vous: Quelle importance a ce transfert pour la CPI et les victimes de la LRA?

Advertisements
This entry was posted in Ouganda and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s